« Le système s’essouffle : nous avons trop de malades et pas assez de prévention »
OUTILS À DISPOSITIONINTERVIEWPOUR LES PATIENT·E·S
Dr Julie Stalder
Vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, fatigue du système de santé : le fondateur d’Hippocrate défend une vision plus humaine et préventive de la médecine grâce à une application pensée comme un compagnon santé du quotidien.
La médecine moderne est extrêmement performante pour traiter les maladies.
Mais face à l’augmentation des maladies chroniques, au vieillissement de la population et à l’épuisement progressif des systèmes de soins, une question devient incontournable :
Comment agir avant que les problèmes n’apparaissent ?
C’est précisément la réflexion qui a conduit à la création d’Hippocrate, une application de prévention santé imaginée par un jeune docteur, Léo Joly.
Durant son internat, il se passionne progressivement pour ce qu’il appelle « l’avant de la maladie » : cette zone souvent oubliée entre les conseils donnés en consultation… et leur application réelle dans la vie quotidienne.
« Il manque un chaînon dans notre système de santé »
Au fil de ses expériences professionnelles, un constat s’impose.
Nous faisons face :
à une population vieillissante,
à une augmentation massive des maladies chroniques,
et à des pathologies de plus en plus liées aux modes de vie et à l’environnement.
« Le système s’essoufle : nous manquons de médecins, mais surtout nous avons beaucoup trop de malades. »
Pour lui, le problème n’est pas uniquement médical.
Il est aussi comportemental, éducatif et sociétal.
Un médecin peut donner d’excellents conseils. Mais une fois rentré à la maison, le patient ou la patiente se retrouve isolé·e face à des changements difficiles à intégrer durablement. C’est de cette réflexion qu’est né Hippocrate.
Une application pensée comme un compagnon du quotidien
Disponible dans les pays francophones, Hippocrate accompagne les utilisateurs et utilisatrices autour de plusieurs piliers fondamentaux de la santé :
le sommeil,
l’alimentation,
l’activité physique,
la santé mentale.
L’expérience est volontairement simple et progressive :
quelques interactions par jour,
des questions rapides,
puis des propositions adaptées au contexte de la personne.
Stress important ?
L’application peut suggérer une courte méditation.
Fatigue persistante ?
Un contenu lié au sommeil ou à la récupération pourra être proposé.
Pour les médecins c’est un vrai outil d’accompagnement au changement : « il faut aider les patients à cultiver la bienveillance envers eux-mêmes. La culpabilisation ne fonctionne pas. »
Revenir à une santé plus humaine
L’un des aspects les plus intéressants du projet réside dans sa philosophie.
Aujourd’hui, beaucoup d’applications numériques reposent sur :
les récompenses permanentes,
les notifications,
la dopamine,
ou des mécanismes de dépendance.
Hippocrate tente de prendre le contre-pied :
« Nous ne voulions pas créer un outil qui déconnecte les gens d’eux-mêmes. »
Le fondateur donne un exemple très concret :
« Beaucoup de personnes regardent leur montre connectée pour savoir si elles ont bien dormi au lieu d’écouter leur ressenti. »
L’idée est donc d’utiliser le numérique non pas pour remplacer les sensations humaines, mais pour aider les personnes utilisatrices à se reconnecter progressivement à elles.
La gamification existe, mais elle reste discrète et encadrée.
L’objectif n’est pas de créer une addiction à l’application, mais d’en faire un compagnon du quotidien capable de soutenir de petits changements durables.
Une prévention basée sur la rigueur scientifique
Dans le domaine du bien-être et de la santé, les discours approximatifs ou pseudo-scientifiques sont nombreux.
Le fondateur d’Hippocrate souhaite défendre une approche rigoureuse et déontologique.
Les contenus sont créés par des professionnels de santé puis relus par un conseil scientifique interne composé de plusieurs experts.
Chaque domaine est encadré par des spécialistes :
activité physique,
psychiatrie,
méditation,
prévention,
santé mentale.
« Peu importe qui s’exprime, on doit pouvoir justifier scientifiquement ce que l’on avance. »
Pour lui, il est essentiel de distinguer :
ce qui relève du soin,
ce qui relève du bien-être,
et ce qui relève parfois davantage du marketing que de la santé.
Des données de santé hautement protégées
Parce qu’Hippocrate traite des données sensibles, la protection des informations personnelles est une priorité.
Le projet s’appuie notamment sur :
des hébergeurs sécurisés,
des développeurs expérimentés dans les projets de santé,
un accompagnement DPO,
ainsi qu’un système d’anonymisation des données.
À terme, l’objectif serait également d’obtenir des certifications permettant une intégration plus large dans les parcours de soins.
Le fondateur imagine notamment un futur où les médecins pourraient disposer d’un lien plus continu avec leurs patients grâce à certains indicateurs de prévention et de suivi.
Une vision accessible et solidaire
L’application est gratuite pendant une période de temps puis, les personnes utilisatrices peuvent s’abonner si elles le souhaitent.
D’ailleurs, Hippocrate repose à l’heure actuelle sur un système d’abonnement solidaire. L’idée est que les abonnements plus élevés permettent de rendre l’outil accessible à des populations plus précaires.
« La santé est une responsabilité individuelle… mais aussi collective. »
L’application est aujourd’hui disponible dans l’ensemble des pays francophones et propose différents niveaux afin d’accompagner aussi bien les débutants que les personnes souhaitant aller plus loin dans leurs habitudes de santé.
Un futur « couteau suisse » de la prévention
La première version commercialisable d’Hippocrate doit intégrer plusieurs centaines de contenus.
Mais la vision va beaucoup plus loin.
À terme, le projet ambitionne de devenir :
une plateforme globale de prévention,
capable de s’adapter à l’âge, au sexe ou à certaines périodes de vie,
avec des parcours personnalisés,
des systèmes de veille sanitaire,
et potentiellement un lien renforcé entre patients et professionnels de santé.
L’objectif ultime ? Changer progressivement l’état de santé de la population.
Qui est le Dr Léo Joly ?
Docteur Léo Joly, médecin fraîchement diplômé en médecine générale, travaillant aux urgences, est passionné de prévention en santé, de communication en santé, avec une vision qui mélange de nouveaux outils de communication, technologies et humains, pour créer des outils adaptés aux besoins des patients.


Recevoir notre newsletter La Voix des Cabinets médicaux :
info@verms.ch
+41 78 779 24 18
Verm-s Sàrl
Route des Dailles 52
1752 Villars-Sur-Glâne
Basée à Fribourg, Suisse. Interventions à Vaud, Genève, Valais, Neuchâtel, Bern.
© 2026 Verm-s SARL — Conseil & Diagnostic des cabinets médicaux
En vous inscrivant vous acceptez de recevoir notre newsletter. Pas de spams, vous vous désinscrivez dès que souhaité.


